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| | {Fanfiction The L Word} De la fatalité | |
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Anankè L'archange noir


 Age: 31 Localisation: Métaworld
 | Sujet: {Fanfiction The L Word} De la fatalité Ven 8 Mai - 23:43 | |
| J'ai écrit cette fanfic à la sollicitation des membres du forum Tibette. Ma fanfic commence à la première rencontre de Bette et Tina c'est-à-dire 7 ans avant le début de la série. Elle est accessible à celles et ceux qui connaissent un tant soit peu cette série. Elle ne contient pas de scènes de sexe explicites. Par contre, celles et ceux qui conçoivent l'amour entre deux femmes comme une aberration, passez votre chemin. C'est ma première fanfic. J'espère que cette histoire sans prétention vous plaira autant qu'il m'a plu de l'écrire. _________________ Sous effets cathodiques
Dernière édition par Anankè le Ven 8 Mai - 23:56, édité 1 fois |
|  | | Anankè L'archange noir


 Age: 31 Localisation: Métaworld
 | Sujet: Re: {Fanfiction The L Word} De la fatalité Ven 8 Mai - 23:46 | |
| Tina se tenait immobile en proie à un sentiment délicieusement douloureux de brûlure et de paix. Elle n’osait ouvrir les yeux, croyant étendre cet instant qu’elle savait pourtant fugace. Elle porta machinalement la main à ses lèvres. Il lui sembla que son cœur se dilatait et se constellait en myriades de fulgurances. - Tina ? La voix de Bette la tira de sa rêverie et elle ouvrit les yeux. L’intensité du regard scrutateur et indéchiffrable que Bette portait sur elle la fit reculer d’un pas ; Tina se sentait mise à nu. Bette lui sourit, d’un sourire étrange et calme tandis qu’elle retournait s’asseoir à son bureau. - Ces boucles d’oreilles sont d’excellente facture. Il aurait été dommage de les perdre. Tina ne sut que répondre. La sérénité affichée par Bette la déstabilisait plus encore, alors que, sous son crâne, une tempête faisait rage. Ses pensées tourbillonnaient confusément et la laissaient pantelante. Elle se retenait de parler de peur de laisser échapper ce cri qui hurlait en elle. Imperturbablement, Bette s’était remise à ses occupations. Elle leva un instant les yeux vers Tina. - Ce fut un plaisir de t’avoir revue. Salue Eric de ma part, dit Bette, mettant ainsi fin à leur entretien. - Je n’y manquerai pas, répondit Tina, d’une voix à peine audible, et bien au revoir. - Au revoir. Tina fit quelques pas en direction de la porte et quitta la pièce sans un regard de Bette. Lorsqu'elle se retrouva hors du bureau, Tina s’appuya un instant contre le mur tentant de reprendre ses esprits. Avait-elle rêvé ? Avait-elle imaginé ce baiser ? Cependant le réel trouble qui s’était emparé d’elle ne laissait pas la place au doute. Que penser alors de l’impassibilité de Bette ? Ce baiser n’avait rien d’univoque. Elle en frissonnait encore. Il lui fallait en avoir le cœur net. Déterminée, Tina se tourna vers la porte et s’apprêtait à l’ouvrir quand sa volonté faiblit. Elle rebroussa chemin, monta dans son véhicule et démarra en trombe. _________________ Sous effets cathodiques
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|  | | Anankè L'archange noir


 Age: 31 Localisation: Métaworld
 | Sujet: Re: {Fanfiction The L Word} De la fatalité Ven 8 Mai - 23:47 | |
| Tina, en parfaite hôte, allait d’un invité à un autre, s’assurant que tous passaient une bonne soirée. Le grand salon bruissait des conversations feutrées et quelques fois, un rire se faisait entendre. - Tina ! s’exclama une voix. - Oh bonsoir Giorgia, répondit Tina, excuse-moi de n’être pas encore venue papoter avec toi mais je ne sais plus où donner de la tête. Je ne pensais vraiment pas qu’il y aurait tant de monde. Je ne connais pas la majorité des invités. Eric a vu les choses en grand. - Cela ne s’est pas remarqué. Tes soirées sont toujours une réussite, un savant mélange de personnalités diverses qui s’accordent à coup sûr. - Merci - Tu es vraiment très en beauté ce soir. Je reste persuadée que les gens viennent autant pour s’amuser que pour t’admirer. Tina ne put s’empêcher de goûter au compliment. D’ailleurs, l’avis de Giorgia n’était pas surfait. Tina surpassait en charme, et de loin, la plupart des femmes présentes. - Tiens ?! Qui sont ces deux femmes qui discutent avec Eric. La grande brune est tout simplement époustouflante. Tu les connais ? Tina suivit le regard de Giorgia. Le cœur lui manqua. Une onde venue du tréfonds la submergea et elle se sentit perdre pied. Bette était ici, chez elle, dans son salon ! Elle lui parut encore plus belle que dans ses souvenirs. Les semaines avaient passé et elle avait cru avoir étouffé cette sensation inconnue qui l’étreignait. En vérité, elle était tapie sous la chape de sa raison et, à cet instant, elle surgissait encore plus lancinante qu’auparavant. - Tina, c’est Bette. Je suis tombé par hasard sur elle cemidi au restaurant The Migan. Je l’ai invitée à notre soirée et elle a eu la gentillesse d’accepter, dit Eric qui s’était approché de Tina, suivi de Bette et d’une jeune femme blonde. Tina aurait voulu être à mille lieux de là. Elle tenta de se donner une contenance. - Bette, c’est un plaisir de te revoir, salua-t-elle - Le plaisir est partagé, répondit Bette souriante. Permets-moi de te présenter ma compagne, Alice Pieszecky. Le coup fut rude et Tina se sentit traversée par une jalousie sourde. Une fois les présentations faites,Tina saisit le premier prétexte pour s’isoler. Elle prit la fuite plus qu’elle ne prit congé. La fraîcheur de la brise du soir qui soufflait sur la terrasse apaisa quelque peu son esprit embrumé. Le silence régnait, à peine brisé par le bruit assourdi qui provenait du salon.
Restée dans la pièce de réception en compagnie de Eric et d’Alice, Bette écoutait distraitement les conversations, son esprit tout entier tourné vers Tina. Durant les dernières semaines, il lui était arrivé de penser à elle mais de façon furtive et le temps avait, peu à peu, effacé son visage de ses pensées. Bette se souvint du baiser échangé et se sentit envahie par une lame de désir impérieuse. - Que le monde est petit. Il me semble avoir reconnu un collègue, dit Bette, je vais le saluer. Ne bouge pas Alice, je te rejoins dans un instant. Alice fit un geste d’acquiescement et continua sa conversation animée avec Eric.
Tina, perdue dans ses pensées, se tenait appuyée contre la balustrade. Bette ne signala pas tout de suite sa présence, s’arrêtant un moment, le regard posé sur Tina. - Tina ? J’espère ne pas te déranger. Je souhaitais m’éloigner un peu de l’animation du grand salon, dit Bette doucement. Tina se retourna. - Non, tu ne me déranges pas, répondit-elle. -Je t’ai trouvée, à l’instant, si pensive. - Oh, juste une envie de prendre une pause. Je n’ai pas arrêté de courir durant toute la soirée, murmura Tina. Bette sourit et se rapprocha. - Tu portes tes fameuses boucles d’oreille, dit Bette, en levant la main vers Tina. Comme mue par un instinct, Tina retint le geste de Bette et garda sa main dans la sienne. - A quoi joues-tu ? demanda Tina dont la voix vibrait sous une émotion forte. - Je ne joue pas, répondit tranquillement Bette. - A quoi donc rime tout ceci ? Tu m’embrasses, tu,tu, balbutia Tina, tu me rejoins sur la terrasse. Et ta compagne qui se trouve dans la pièce à côté ! Sache que tu ne peux rien attendre de moi. - Je n’attends ni n’espère rien. En ce qui concerne le baiser, je m’en excuse. Il ne faut pas lui porter plus de significations qu’il n’en a. Tina tenait toujours la main de Bette. Elle la lâcha et sans dire un mot regagna le salon. Elle chercha Eric des yeux et l’aperçut en pleine discussion avec Alice. Elle les rejoignit. - Tina, Alice est vraiment surprenante. Elle me parlait d’une espèce de toile qu’elle était en train de concevoir. L’idée est intéressante. J’aime beaucoup, dit Eric, elle est impayable. Son humour est dévastateur. Tina sourit poliment. Eric passait visiblement une excellente soirée. Il reporta son attention vers Alice et ils repartirent tous les deux dans une discussion à bâtons rompus. Psychologiquement éreintée, Tina s’éclipsa sans un mot. _________________ Sous effets cathodiques
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|  | | Anankè L'archange noir


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 | Sujet: Re: {Fanfiction The L Word} De la fatalité Ven 8 Mai - 23:47 | |
| Tina était au supplice. Une amitié réelle liait maintenant Eric et Alice et les sorties se multipliaient ; c’étaient des dîners et autres qui n’en finissaient plus. A chaque fois, le trouble de Tina redoublait ; elle se sentait prise entre deux feux. Certes, Bette se montrait courtoise mais distante. Elle ne pouvait rejeter son malaise émotionnel sur le comportement de Bette. Mais en silence, elle souffrait et ne savait, ou ne souhaitait, mettre un mot sur le mésaise qui la gagnait à chaque fois que Bette se tenait près d’elle. Quand les jours passaient et la tenaient éloignée de Bette, elle se mettait à maudire l’insoutenable peine que cette absence lui causait. Le manque d’elle devenait certaines fois si insupportable qu’elle croyait en mourir. Son cœur, habitué à la tiédeur des sentiments, se consumait aujourd’hui sous l’incendie de l’exaltation frénétique et enfiévrée qui la possédait tout entière. Seule la présence de Bette, tel un onguent, apaisait son angoisse spleenétique. Un seul regard de Bette porté sur elle et Tina, se sentait envahir d’une euphorie enivrante et addictive. Elle guettait ses gestes, se laissait bercer par les intonations rauques de sa voix et s’abandonnait au friselis de son être lorsqu’il advenait que Bette la frôle. Dans un effort permanent, Tina tentait d’étouffer ces sentiments que sa raison ne pouvait admettre : aimer une femme. Prisonnière du carcan des conventions sociales, elle luttait contre ce qu’elle estimait être hérésie. _________________ Sous effets cathodiques
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|  | | Anankè L'archange noir


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 | Sujet: Re: {Fanfiction The L Word} De la fatalité Ven 8 Mai - 23:48 | |
| Alice s’impatientait assise à la terrasse d’un café. Elle regardait sans cesse sa montre. Au moment où elle posa la main sur son téléphone portable, Shane apparut. Arborant sa mine des mauvais jours, elle s’assit de mauvaise grâce à la table où se trouvait Alice. - Tu es en retard, dit Alice - Tu ne vas pas commencer. Je suis toujours en retard. Tu le sais ça. Avant que tu ne deviennes amie/ami avec ton Eric, ça ne te gênait pas, répliqua sèchement Shane. - Tu me fais quoi là ? une scène de jalousie ? s’amusa Alice -Prends le comme tu veux. L’arrivée du serveur venu prendre leur commande empêcha à Alice de répondre. Quand il fut reparti, Alice tenta de relancer la conversation face à une Shane qui ne desserrait pas les dents. - Eric est un chic type. Il m’aide pour ma toile. Il croit en mon projet, il est persuadé que ça prendra de l’ampleur. - Formidable, ironisa Shane. - Mon Dieu, mais quelle mouche t’a piquée ? Je t’ai invitée pour qu’on déjeune, qu’on passe un moment sympa et tu es là à bouder comme une sale gosse. Franchement, j’ai bien assez de soucis comme ça pour que tu n’en rajoutes pas. A ces mots, Shane se radoucit. - De quoi tu parles ? T’as des problèmes au boulot ? C’est ton patron, c’est ça ? Je n’ai jamais pu le voir en peinture celui-là. - Non, au boulot, ça va. Enfin, je m’ennuie ferme à travailler pour un journal que personne ne lit mais j’ai connu pire. - Ben alors ? C’est quoi ? C’est Bette ? Alice but une gorgée de café et garda un instant le silence. - Je ne saurais expliquer mais je sens qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Je ne sais pas ce que c’est mais je le ressens. - Sois plus précise. - Je ne sais pas. Bette a changé. Elle n’est plus la même. Shane, dubitative, haussa les sourcils. - Tu connais Bette, c’est une vraie pile électrique. Elle ne s’arrête jamais. Elle est hyperactive. Depuis quelques mois, je la trouve moins investie et dans son travail et dans notre couple. - C’est bien de Bette dont tu parles ? J’ai du mal à le croire. C’est vrai qu’il y a quelques temps que je ne l’ai pas vue mais là je suis sidérée. Bette adore son job. Elle ne vit que pour ça. Mais au quotidien, comment ça se manifeste ? - Entre nous, c’est différent. Dans l’intimité, c’est toujours aussi passionné mais elle ne se donne plus totalement. Elle se détache, elle s’éloigne de moi. Je le sais. - Tu penses à une autre femme ? demanda Shane à brûle-pourpoint. - Je l’ai cru un moment mais nous sommes souvent ensemble. Je ne vois pas quand elle pourrait voir une autre femme. Quand elle ne travaille pas, elle est à la maison. Nous passons une grande partie de notre temps avec Eric et Tina. D’ailleurs, il faudrait qu’un jour tu les rencontres. Tina est quelqu’un de très discret, très calme mais elle est sympa. - T’en as discuté avec elle ? - J’ai essayé mais t’imagines bien qu’elle a tout nié en bloc. Bette ne fait pas dans l’expansion des sentiments. Faudrait que tu ailles lui parler. - T’es malade ! T’en as d’autres des idées aussi saugrenues ? ! - Pourquoi pas ? Si il y a un souci dans notre couple, elle en parlera plus facilement avec toi qu’avec moi. - C’est le raisonnement le plus débile que j’ai entendu. - Fais-le moi pour moi. Tu n’as rien à y perdre alors que moi, je suis dans une situation délicate. Elle ne me parlera pas. - Je ne risque rien à part me faire rembarrer. Merci du cadeau. Shane picora dans son assiette et se mit à mâcher énergiquement. - Ok ! Je le ferai mais à charge de revanche, répondit finalement Shane. - Merci, merci. Toi, t’es une copine. - Une bonne poire, tu veux dire. _________________ Sous effets cathodiques
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|  | | Anankè L'archange noir


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 | Sujet: Re: {Fanfiction The L Word} De la fatalité Ven 8 Mai - 23:49 | |
| Quand Eric pénétra dans l’appartement, celui-ci était plongé dans le noir. - Tina ? Tu es là ? Je suis rentré. - Oui, je suis là. Tina était allongée sur le grand fauteuil du salon. Eric fit la lumière. - Que fais-tu dans le noir ? On dirait que tu n’as pas bougé de la journée. Tu es toujours en pyjama. Tina s’assit et Eric la rejoignit sur le fauteuil. - Je ne me sentais pas très bien. J’ai préféré rester à la maison et me détendre un peu. - Tu es sûre qu’il n’y a que ça. Depuis quelques temps, je te sens soucieuse. Tu sais que tu peux me parler. Je suis à tes côtés. Tina se leva et se mit à arpenter le salon en passant nerveusement la main dans ses cheveux. - Non, je t’assure, je vais bien. Je suis juste un peu fatiguée, rien de plus. Ne te fais pas de souci, affirma Tina. Elle tenta de sourire mais elle n’en avait pas la force. - Ecoute Tina, je ne suis pas aveugle. Je ressens ton malaise et je sais qu’il est profond. La nuit, ton sommeil est agité. Et ce soir, je te retrouve prostrée sur le canapé. Comprends donc que je puisse être inquiet. - Je te le répète. Je vais bien, peut-être un peu surmenée. Le regard chargé de tendresse de Eric l’émouvait autant qu’il l’agaçait. Tina se rassit près de lui. - Tu m’aimes, Eric. N’est-ce pas ? - Bien sûr. Comment peux-tu en douter ? Je t’aime. - Alors, montre-le moi. Interloqué, Eric l’embrassa et fut surpris par la fouguepassionnée de ses baisers. - Aime-moi vraiment. Aime-moi fort comme si tu avais peur de me perdre, comme si rien d’autre n’existait à part nous. - Tina, je t’aime tellement. Pendant que Eric lui faisait l’amour avec toute la passion dont il était capable, Tina, le cœur éperdu, réprimait les sanglots déchirants qui inondaient son âme meurtrie. _________________ Sous effets cathodiques
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|  | | Anankè L'archange noir


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 | Sujet: Re: {Fanfiction The L Word} De la fatalité Ven 8 Mai - 23:50 | |
| - Shane ? , s’étonna Bette, que fais-tu ici ? Je suis heureuse de te voir mais je ne m’attendais pas à ta visite. A l’entrée de Shane dans son bureau, Bette se leva pour la saluer. Son visage exprimait tout le plaisir qu’elle avait de voir son amie mais trahissait également sa surprise. Shane fit le tour de la pièce pour admirer les œuvres d’art qui ornaient les murs. - Je n’ai jamais été très sensible à l’art, dit Shane. - Je m’en doute. Tu trouves toujours de piètres excuses pour ne pas venir aux vernissages que j’organise. - En plus, je n’apprécie pas vraiment les gens qui y viennent. Je les trouve snobs. Bref, ce n’est pas mon monde. Bette se garda de répliquer bien que, visiblement, cette affirmation ne lui plaisait pas. Shane s’en aperçut. - Bette, tu vas bien ? - Oui, bien sûr. Pourquoi cette question ? - Habituellement, tu n’aurais pas manqué de répondre vertement à ce genre de remarques. Et là, rien. Pas la moindre répartie assassine et cinglante. Rendez-moi la Bette que je connais ! - Vraiment très drôle, Shane. Tu es venue me voir pour te payer ma tête. - En fait, je suis là à cause de Alice. - Alice ? Quoiqu’il se passe entre vous, vous êtes toutes les deux des adultes pour régler vos mésententes seules. Je n’ai pas à m’en mêler. Je te dirai simplement qu’il faut que tu sois compréhensive, Shane. L’amitié de Eric est importante pour Alice. J’ai du mal à saisir pourquoi mais il s’intéresse à cette idée farfelue de toile de personnes interconnectées. Ils ont beaucoup de points communs. Je dirais qu’ils vivent tous les deux sur la même planète. - Non, non, Bette, tu n’y es pas du tout. C’est vrai que je ne voyais pas d’un très bon œil qu’Alice passe autant de temps avec lui. On se voit beaucoup moins mais je me suis fait une raison. - De quoi veux-tu me parler alors ? - Alice est soucieuse. - Alice est toujours soucieuse, répliqua Bette qui s’était remise à travailler. - Elle s’inquiète pour toi, pour vous, continua Shane. - Oh, non ! Qu’elle est têtue ! s’emporta Bette, ne prends pas la peine de terminer. Nous en avons déjà discuté. J’étais persuadée que le sujet était clos. Alice s’invente des aventures quand elle s’ennuie. Elle a une imagination débridée. Et voilà qu’elle te mêle à cela. - Je sais que Alice a la fâcheuse habitude de monter en épingle les choses les plus anodines mais elle m’a paru sincèrement mal à l’aise et soucieuse. - Très bien, soupira Bette, j’en rediscuterai avec elle. - Dis-moi, elle n’avait vraiment aucune raison de douter de votre relation ? - Bien sûr que non ! Ce sont vraiment des enfantillages ! Bette s’était levée et arpentait son bureau de long en large. - Bette, je n’ai pas besoin de te dire que Alice est une chic fille. Elle a déjà donné côté peine de cœur. - Tu ne vas tout de même pas remettre ça sur le tapis ! C’était une erreur et je m’en mords les doigts aujourd’hui encore. Je te l’ai déjà dit : il n’y a pas d’autre femme. - Bette, ne te voile pas la face. Je te connais. Nous sommes de la même espèce. Nous aimons séduire, plaire et conquérir … - Doucement, veux-tu ? Là, tu vas trop loin. A ce niveau-là, nous n’avons rien en commun. Tu ne séduis pas les femmes, tu les consommes. - La seule différence entre toi et moi, Bette, c’est que moi, je suis consciente de ce que je suis et que je ne m’en cache pas. Je sais le feu qui t’anime, je le devine. Je ne fais pas de promesse que je sais ne jamais pouvoir tenir. - Ecoute, Shane, je te remercie de t’inquiéter pour Alice. Je lui parlerai. Il faut que je me remette au travail. - Ok, Bette, j’ai compris, je m’en vais. On se voit plus tard. Shane s’avança vers la porte et sortit de la pièce. Dès que la porte se fut refermée, Bette soupira et se prit la tête dans les mains. Les paroles de Shane résonnaient encore. Bette ne doutait pas des sentiments qu’elle portait à Alice. Toutefois, elle admettait qu’elle se sentait captive d’une relation dans laquelle elle avait l’impression de s’ensevelir. A ce moment, l’image de Tina s’imposa dans son esprit. Terrassée, Bette s’affaissa dans son fauteuil, la poitrine soulevée par une respiration saccadée. Mille questions tournoyaient inlassablement et auxquelles elle n’avait pas de réponse ou qu’elle n’osait affronter. Shane avait-elle raison ? Etait-elle de ces boulimiques d’amour qui étaient incapables de s’investir dans une relation ? Au prix d’un effort désespéré, Bette chassa l’image de Tina qui s’instillait inexorablement dans son esprit. Hors de question de subir la servitude de ses penchants. Elle ferait tout ce qui serait possible pour affermir son couple. _________________ Sous effets cathodiques
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|  | | Anankè L'archange noir


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 | Sujet: Re: {Fanfiction The L Word} De la fatalité Ven 8 Mai - 23:51 | |
| La stridence de la sonnette de la porte d’entrée déchira le silence et dérangea Bette toute occupée à travailler sur divers dossiers, pour une fois qu’elle s’était décidée à travailler chez elle. A coup sûr, c’était Alice qui avait, comme à son habitude, oublié ses clés, son portable ou autre chose. Bette ouvrit la porte et demeura interdite quand elle reconnut Tina. Cette dernière, sans un mot, franchit le pas de la porte. Bette se tourna vers Tina. Elle n’osa rompre la pesanteur du silence. Elle dévisagea Tina et fut, comme à chaque fois, touchée par sa beauté. Tout son être n’aspirait que vers elle. Elle se retenait à grand peine de la prendre dans ses bras et de l’embrasser. De son côté, Tina n’osait lever les yeux vers Bette. Elle se tenait debout, les mains dans les poches. Poussée par une force qu’elle n’avait pas pu maîtriser, elle était venue frapper à la porte de Bette, pour enfin lui confesser son amour. A cet instant, les mots lui manquaient. Bette était là en face d’elle. Tina avait rêvé et craint tant de fois ce moment. Bette fut la première à rompre le silence. - Tina ? D’un pas, Bette franchit la distance la séparant de Tina et instinctivement lui caressa le visage. - Bette, j’ai trop longtemps lutté. Aujourd’hui, je me rends, murmura Tina dans un souffle, j’ai combattu de toutes mes forces. Mais je me fourvoyais, l’amour est un adversaire contre lequel on perd à tous les coups, c’est la loi de la fatalité. Bette, je t’aime d’un amour si violent, si intense que j’ai cru en perdre la raison. Te renier, repousser cet amour était comme mourir, sombrer dans un néant où pas un seul souffle de vie n’existe. Et je veux vivre, Bette. Près de toi, la lumière du jour n’a jamais été aussi vive, les sons du monde n’ont jamais été aussi mélodieux. Je n’ai jamais désiré quelqu’un aussi ardemment que toi. Tu me sauves d’une vie sans passion, sans amour. Je voudrais tant me perdre en toi. J’ai l’âme et le cœur pleins de toi. N’y tenant plus, elles s’abandonnèrent dans un baiser éperdu. La raison de Bette vacillait tant son cœur palpitait. Elle croyait n’avoir vécu que pour goûter la grisante félicité de ce baiser. Dans les bras de Tina, sa volonté, jusqu’alors inflexible, rendait les armes. A cet instant, seule Tina comptait. Autour d’elles, tout avait cessé d’exister. Emportées par leur amour enfin exprimé, elles se délectaient encore et encore du bonheur de s’appartenir. Prises d’une ferveur qui les dépassait toutes deux, elles gagnèrent le canapé. D’un geste, Bette éparpilla les quelques objets qui s’y trouvaient. Dans un bruit mat, l’organizer d’Alice tomba sur le sol. Bette le ramassa lentement et s’assit sur le canapé. - C’est l’organizer d’Alice. Elle le cherchait comme une folle hier soir. Elle dit que c’est son pacemaker, qu’elle ne peut se passer de lui. Qu’est-ce que je suis en train de faire ? - Bette ? Qu’y a-t-il ? demanda Tina - Tina, je suis avec Alice. Elle ne mérite pas que je la traite de cette façon. Je tiens à elle et je ne souhaite pas être, encore, la cause de ses souffrances. Et je ne le ferai ni en la quittant ni en la trompant. - Bette, nous nous aimons, protesta Tina. Nous ne pouvons quand même pas faire comme si rien ne s’était passé. - Si nous le pouvons, je le peux, répliqua Bette, en se levant. De toute façon, il y a aussi Eric. - Alice l’a appelé hier soir, elle a parlé de toi, elle a évoqué des problèmes entre vous. C’est d’ailleurs par elle que j’ai su que tu serais chez toi ce matin. Bette, il n’y a plus de Eric. J’ai rompu avec lui. J’avais l’impression de suffoquer. La dispute a été terrible. Je crois aujourd’hui qu’il me hait. - Ecoute Tina, j’ai commis certaines erreurs dont je ne suis pas fière. Il est hors de question que je retombe dans mes travers. - Bette, je ne te demande que de m’aimer. Ne me le refuse pas. Ne te détourne pas car tu me condamneras aussi bien que tu te damneras. - Tina, je suis désolée mais tu devrais t’en aller. - Je t’en prie, Bette. Retiens-moi. Le silence de Bette fut la seule réponse qu’elle obtint. Alors, Tina s’en alla, le cœur ecchymosé. _________________ Sous effets cathodiques
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|  | | Anankè L'archange noir


 Age: 31 Localisation: Métaworld
 | Sujet: Re: {Fanfiction The L Word} De la fatalité Ven 8 Mai - 23:52 | |
| La sonnerie du téléphone retentit. Alice se leva et décrocha. A l’autre bout du fil, Eric en larmes se lamentait, affligée par sa séparation avec Tina. Alice tenta difficilement de lui remonter le moral, de trouver les mots justes pouvant atténuer sa tristesse. Après avoir raccroché, elle rejoignit Bette autour de la table pour terminer de dîner. - Pauvre Eric, sa détresse m’émeut. Il ne s’attendait pas à ce que Tina le quitte. Ca fait maintenant trois mois et il reste inconsolable. Elle lui a dit avoir rencontré quelqu’un. Moi, je la trouvais très fuyante, surtout avec moi d’ailleurs. Qu’en penses-tu Bette ? - Je n’en pense rien. - Comment ça, tu n’en penses rien ? Durant les derniers mois, Eric et Tina étaient nos relations les plus proches. La décision de Tina ne te surprend pas ? s’étonna Alice. - Cela ne me regarde pas, s’emporta Bette, je n’ai rien à en dire. Je vais chercher le dessert. Bette se leva et se dirigea vers la cuisine. Bien qu’intriguée par la réaction de Bette, Alice continua sur sa lancée. - Je ne vois vraiment pas quand elle a pu rencontrer quelqu’un d’autre. Nous étions tous les quatre tout le temps ensemble. Nous partagions pratiquement toutes nos sorties. Eric est persuadé que c’est quelqu’un qu’il connaît. Selon lui, Tina et lui avaient les mêmes amis, fréquentaient les mêmes personnes. Alice s’était levée et débarrassait la table. Bette revint portant le dessert. - Bette ? Tu m’écoutes ? Moi, je pense que Eric devrait tirer un trait. Ressasser cette histoire aggrave son chagrin. Il lui … - Alice ! l’interrompit Bette, visiblement agacée, pouvons-nous parler d’autres choses ? - Pourquoi es-tu autant sur la défensive ? Dès que j’évoque Eric et Tina, tu t’énerves. Je ne sais plus quoi faire, que te dire. Tu es d’une humeur massacrante depuis trois mois. Tel un éclair aveuglant, la vérité dans toute sa cruauté, jaillit dans l’esprit d’Alice. La soudaineté, mais surtout, l’évidence de cette révélation lui coupa le souffle. Elle en resta abasourdie, comme écrasée sous la pesanteur de son désespoir : Bette et Tina. Cette phrase lapidaire cinglait sa réalité. Comment ne l’avait-elle pas remarqué ? C’était pourtant si manifeste ! Alice, choquée, le regard dans le vide, se retint à la table se sentant défaillir. - Alice ? Ca va ? Tu es si pâle ! Tu devrais t’asseoir, s’alarma Bette, je t’apporte un verre d’eau. Bette revint précipitamment de la cuisine tenant un verre d’eau à la main. Elle s’accroupit face à Alice qui s’était assise et lui tendit le verre. - Qu’est-ce qui ne va pas ? J’ai cru que tu t’évanouirais ! dit Bette dont l’inquiétude faisait trembler la voix. Le silence d’Alice alarma plus encore Bette qui posa sa main sur son front. - Au moins, tu n’es pas fiévreuse. Alice, dis quelque chose. Ton silence est angoissant. Parle-moi, je suis ici avec toi, voyons. - Non, tu n’es pas ici avec moi. Ton cœur est à une autre, ton esprit est ailleurs. Je n’arrive pas à croire que je ne l’ai pas deviné plutôt. Cette langueur qui s’était emparée de toi ! Comment ai-je pu être aussi aveugle ? - Alice, je suis à tes côtés, protesta Bette. - Mais, je ne veux pas que tu sois à mes côtés. Je veux que tu sois avec moi. Bette, de toi, j’ai tout accepté, tout pardonné, tout passé sous silence. Tes mensonges, tes trahisons, tes infidélités ! Je me suis fait à l’idée que d’autres te possédaient mais dans des étreintes éphémères. Chacun de tes départs me faisaient souffrir mille tourments mais je le supportais parce que tu me gardais avec toi, à la meilleure des places, dans ton cœur. Peu importait qui te touchait tant que c’était à moi que tu donnais la main. Mais là, tout est brisé. J’ai l’impression que ma vie part à vau-l’eau. - Alice, je…, murmura Bette - Je comprends pourquoi je n’ai pas vu que tu étais tombée amoureuse d’une autre femme, dit Alice dans un éclat de rire où tintaient le désenchantement, tu ne le savais pas toi-même. Tu m’as trompée de la pire des façons sans que tu en aies conscience. Finalement, Bette, je te plains. Oui, c’est bien triste. Tu t’es tellement enfermée dans ce rôle que tu t’es donné, que tu t’es enterrée vivante au point de ne plus entendre les pulsations de ton cœur. Dans ton désir, dans ta conquête maladive de tout contrôler, d’avoir la mainmise sur tout ce qui t’entoure, tu t’es éloignée des autres mais, pire que tout, tu t’es éloignée de toi. Tes principes sont la tombe où se meurent tes émotions. - Alice, écoute-moi ! C’est toi que j’ai choisie, j’ai voulu donner une chance à notre couple. - Tu m’as choisie !? Qu’entends-tu par là ? Tu as pesé le pour et le contre ? Et quels étaient les critères, Bette ? Qu’as-tu mis dans la balance ? Combien de points ai-je obtenus ? s’indignait Alice. Mais Bette, la seule chose que tu aurais du prendre en compte, c’est les sentiments que tu me portes. L’amour n’est pas une suite de calculs, de sélection. C’est une évidence. Alice se tut et prit une profonde inspiration. - Alice, il ne s’est rien passé entre elle et moi. Cela fait trois mois que je ne l’ai pas vue. Je ne l’ai fait que pour nous. Alice, je tiens à toi. - Tu tiens à moi, peut-être, mais tu ne m’aimes pas, répondit Alice. Je vais passer la nuit chez Shane. Je reviendrai prendre mes affaires plus tard. Bette comprit qu’il n’y avait plus rien à dire et encore une fois, laissa partir quelqu’un qu’elle aimait. _________________ Sous effets cathodiques
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|  | | Anankè L'archange noir


 Age: 31 Localisation: Métaworld
 | Sujet: Re: {Fanfiction The L Word} De la fatalité Ven 8 Mai - 23:53 | |
| - Bette, combien de temps vas-tu rester prostrée à te morfondre ? Cela fait maintenant plusieurs moi que tu as rompu avec Alice. Il serait temps que tu te secoues. - Ecoute Kit, je te remercie de ta sollicitude, de prendre soin de moi, de t’inquiéter pour moi mais épargne-moi tes conseils et autres. Je sais ce que je fais et tu es mal placée pour émettre des recommandations. En dépit de la réponse acrimonieuse de Bette, Kit persista : - Je sais Bette que tu souffres. Tu croyais bien faire, être dans le juste. Tu as perdu Alice malgré tes efforts. Il faut que tu tires un enseignement de tout ça. Quoique l’on fasse, nous sommes toujours les jouets de la fatalité. Cependant, l’Homme a une marge de manœuvre aussi minime soit-elle et la tienne, Bette, est de retrouver Tina. - Ce n’est pas si simple. J’ose à peine imaginer la peine que je lui ai causée. A sa place, jamais je ne me pardonnerai. Je l’ai repoussée, j’ai refusé son amour. Quoiqu’il en soit, crois-tu qu’elle soit restée là attendre ? - Mais tu n’es pas à sa place, Bette. Alice ne t’a-t-elle pas pardonné ? Ne mésestime pas ce que tu ne comprends pas. Allongée au bord de sa piscine, Bette resta pensive après les propos de sa sœur. Les derniers temps avaient été incléments et elle avait subi la rigueur d’un amour perdu et la rudesse d’un amour révolu. Pouvait-elle se permettre d’espérer ?
Bette se tenait devant cette porte depuis plusieurs minutes. Elle savait que Tina était chez elle, sa voiture était garée à l’entrée. Affermissant son courage, Bette frappa à la porte. Les secondes qui s’écoulèrent semblèrent à Bette des éternités. La porte s’ouvrit et Tina apparut dans l’embrasure. Nulle surprise ne s’exprima sur son visage. - Te voilà ! dit-elle. - Tina ..., commença Bette. - Je sais Bette. Tout ce que tu vas me dire je le sais. Je t'en ai voulu mais j'ai compris car, toi absente, je me sentais expirer. Dans une invitation muette, Tina accueillit Bette qui pénétra à l'intérieur. Toutes les peines d'alors se turent à l'instant. _________________ Sous effets cathodiques
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|  | | Eternal-Xenite The Dark Samouraï


 Age: 25 Localisation: France: Paris // Danemark: Copenhague
 | Sujet: Re: {Fanfiction The L Word} De la fatalité Mar 12 Mai - 16:03 | |
| Ah Anankè je n'avais pas vu ta fanfiction! Je lirai tout ça (je vais tout sauvegarder et lire tranquillement après)! Cool sur TLW en tout cas, je suis une grande fan!!! N'hésite pas à en écrire d'autres!!  _________________ ~ Forever Rener ~  Tak P. |
|  | | | | {Fanfiction The L Word} De la fatalité | |
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